Dès les premières semaines de l’affaire du Temple Solaire, en octobre 1994, j’ai eu la conviction que, quels que soient les résultats de l’enquête, des interrogations et des hypothèses variées continueraient de surgir durant longtemps encore. Le “transit” de 16 autres personnes dans le Vercors en décembre 1995 (puis de 5 dernières à Saint-Casimir, au Québec, en mars 1997) a donné lieu à plus de spéculations encore. L’émission Zone d’ombre, diffusée sur la Télévision suisse romande le mercredi 27 janvier 2010, à laquelle j’ai participé, a tenté de relancer une fois de plus la discussion, relayée par certains articles de presse (par exemple La Liberté, 26 janvier 2010).
Il me semble opportun de saisir cette occasion pour apporter quelques précisions et tenter de distinguer entre faits et fiction. Je rappelle que j’ai participé, en tant qu’expert appelé par le juge d’instruction du canton de Fribourg, M. André Piller, à l’enquête suisse sur l’affaire de 1994.
Je suis toujours prêt à remettre en question mes conclusions, sur ce sujet comme sur tout autre, du moment que des faits ou des indices sérieux incitent à le faire. Une telle approche doit être au fondement même de toute enquête judiciaire comme de tout travail de recherche. Plus d’une fois, après la fin de l’enquête, il m’est arrivé de reprendre mes notes ou des documents en me demandant si leur relecture, avec le recul, pouvait faire apparaître des détails importants auxquels je n’aurais pas prêté attention : cela m’a permis d’affiner ma compréhension de l’affaire sur certains aspects, mais ne m’a en revanche jamais conduit à découvrir une incohérence par rapport aux principales conclusions de l’enquête.
