J’ai déjà eu l’occasion de dire mes réticences face à l’expression de « dérives sectaires », qui avait pour objectif d’éviter le reproche de mettre toutes les « sectes » dans le même sac, mais n’a fait que déplacer le problème. Dès qu’il s’agit de groupes qualifiés de « sectes », le mot de « dérives » a vite fait de surgir. Et pour brouiller encore un peu le sens des mots, l’expression se trouve également appliquée à des discours peut-être problématiques, mais qui n’ont rien à voir avec des « sectes ». La pandémie qui a dominé l’actualité depuis quelques mois me donne l’occasion de revenir brièvement sur ce thème et de souligner le pouvoir des stéréotypes quand les médias parlent de sectes, mais aussi de partager quelques observations sur l’attitude de mouvements religieux face au coronavirus.

Petit mouvement peu connu, l’Ordre du Temple Solaire a soudain attiré l’attention des médias et du grand public à la suite des événements dramatiques d’octobre 1994, avec la mort de 53 personnes, puis de nouveaux « transits » en 1995 et 1997. Plus de vingt ans après, cette affaire continue de paraître nimbée de mystère, malgré les enquêtes de police au Québec, en Suisse et en France. Les événements ont revêtu un caractère si peu commun qu’il reste plus d’une interrogation. Comme je le rappelais dans un 

